La confusion des sentiments

Ce matin, à mon retour de Paris, je me réveille avec la gueule de bois… Je suis lourde et un peu perdue. Mon prochain article devait parler de la mode, de la légèreté et faire comme si tout allait bien, comme si rien ne se passait autour de moi, comme si j’étais aveugle en fait.

Je ne suis pas qu’une personne qui aime mettre en scène des looks, me voir dans un blog ou en photo… Je ne peux pas me taire. J’ai un caractère réactif et je suis sensible à toutes les démarches politiques et sociales qui sont en train de se passer en Europe. Il se trouve que je voyage beaucoup depuis quelques temps et parfois au centre de toutes les discordes. De Paris à Genève, en passant par Barcelone… Ce week-end, j’ai senti ce que je constatais depuis fort longtemps : nous vivons « comme si… » nous faisons « comme si… » et pourtant, il se passe des choses que nous ne devrions plus ignorer.

A Genève, les Géants tentaient de se frayer un chemin dans la fête, entourés par un dispositif policier impressionnant, faisant « comme si » tout allait bien. Mais en réalité, auriez-vous imaginé ce scénario il y a 1o ou 15 ans de cela ? Faire la « fête » entourés par une police sur le pied de guerre ? A Paris, même scénario. Je me balade dans une rue criblée de CRS armés jusqu’aux dents et protégés comme pour la guerre. Le match de foot Paris Saint-Germain contre Bordeaux se termine et je me trouve en plein dans la sortie du stade. Une déferlante de supporters hagards sortent, tous aussi suspicieux les uns que les autres. Je fais une story Instagram, les gens me regardent, méfiants. Mon photographe n’ose pas shooter… L’ambiance est très électrique. Le PSG vient pourtant de gagner 6 à 2.

Je suis une enfant issue de l’immigration espagnole, mais aussi de ces gens du sud de l’Espagne qui montaient vers Barcelone pour y travailler. Mes grands-pères étaient diamétralement opposés : l’un, originaire de Murcie, devenu un catalan endurci mais « espagnol » avant tout, travaillait dans l’industrie textile. L’autre, de Séville, avait dû fuir le pays car il était enrôlé dans une milice anti-franquiste qui avait obligé toute une partie de ma famille à émigrer à Marseille.

Alors, née à Genève, d’où suis-je ? De partout ! J’aime tous les lieux qui m’ont accueilli et je sais pourquoi. Parce qu’avant tout, je les ai aimés en premier. Je les ai respectés et me suis faite à eux. J’ai toujours été une immigrée partout !

Je rentre de Paris où, comme partout, les gens font ce qu’ils peuvent pour continuer de chercher de la joie dans un contexte pesant. J’allume ma télé. Les images me frappent, me font mal. Des gens blessés, de la stupidité… une police catalane qui ne fait pas son travail et ne protège pas (ils sont aujourd’hui d’ailleurs déjà devant la justice). De l’injustice, de l’incompréhension et un manque d’amour si puissant qu’il me fait sortir les larmes. Mon pays se divise et je ne comprends pas pourquoi.

Et cette fusillade à Las Vegas… haut lieu de l’amusement. Encore une fusillade mais surtout une de plus, une de trop.

Alors je me pose la question. Pourquoi tout cela ? Aurais-je l’air stupide et fleur bleue en disant tout simplement que nous manquons d’amour. Le respect ? Oui, bien sûr… mais le respect est un sentiment dérivé de l’amour.

Je remarque que l’amour est souvent ridiculisé, relayé au rang du « out »… Faire méchant, faire badass, c’est tellement plus « in »… plus intéressant pour les médias, la pub et le commerce ! Et surtout, je dirais, c’est plus simple. Aimer, respecter est plus difficile que de se comporter comme un rustre. Dire « bonjour » aux passants, aider une personne à porter un cabas lourd ou ramasser une pièce qui vient de tomber, laisser sa place dans le bus… Tout cela prend du temps et nous ôte un peu de notre confort. Alors que hurler au volant, ne laisser passer personne, insulter et fuir comme un lâche sans se soucier du sentiments que nous auront laissé à notre interlocuteur est tellement plus rapide. Du fast toujours faster… Et que laissons-nous après notre passage ? Un sentiment amer et de défaite de n’avoir pas bien traité les gens, la vie. Le manque d’amour, le manque de respect intervient à tous les niveaux, dans tous le pays, à tout âge et à tous nivaux sociaux ! Les gens s’habituent à ne plus être courtois et cela profite aux extrêmes : la montée du radicalisme, de la bêtise humaine et de la banalisation face aux actes terroristes et à la barbarie. Si nous étions plus sensibles, nous n’accepterions pas ce quotidien qui se profile.

Personnellement, je suis quelqu’un de polie et souriante. Par contre, je ne me tais pas face aux gens qui insultent ou dénigrent l’autre. Il m’arrive de le dire. Par exemple, une vendeuse qui se fait humilier par un client ne dira rien, ne répondra pas. En revanche, rien ne nous empêche de la protéger, de l’aider. C’est notre rôle, celui bloquer ceux qui souhaitent que le monde devienne un triste gâchis sans amour. Il faut leur barrer la route et leur montrer, avec patience, douceur et détermination, que leur attitude ne convient pas !

Il en va de même pour ces personnes qui médisent dans leur coin, tapis dans l’ombre ! Ils ne produisent rien de bon. Ils ne font que diffuser leur propre mal-être et leur propre manque d’amour. Les écouter ou leur donner de l’importance ne fera que les renforcer. Le mieux : les ignorer ! La solitude se chargera d’eux.

On a tout faux. L’amour sera toujours la solution à tout, qu’on le veuille ou non, et lutter sera une perte de temps qui nous fera revenir à la base. Sans amour, nous n’y arriverons pas. Notre seule force face à tout cela sera de nous armer plus que jamais en amour et surtout d’en diffuser le plus possible.

En tout acte, il faut aimer. Le travail, la douleur, le rapport aux autres, la famille, nos animaux de compagnie, nos passions, nos hobbies… Tout est régit par une énorme multinationale … L’AMOUR !

Je sais que les penseurs et journalistes qui liront ces lignes me trouveront futile et infantile… Je m’en fous. Je crois que nous réfléchissons trop, nous polémiquons trop. Pour se démarquer parfois, nous sommes devenus contradictoires et vexatoires. Je pense qu’un peu de simplicité, de futilité et de retour aux sources ne ferait de mal à personne. Mais s’il y a bien une cause pour laquelle je pense que nous devrions tous être prêts à nous battre, ça serait celle-ci.

A méditer…

Je vous souhaite une très bonne semaine et je reviendrai très vite vers vous avec des sujets plus légers et moins engagés. Mais je voulais aussi que vous découvriez cette facette de moi. Car pour moi, blogueuse, c’est avant tout aimer ce que l’on fait et les gens que l’on rencontre. Car tout ce que je fais ne me rapporte pas un centime. Quand j’ai fait des interviews, je les ai faites parce que j’aime voir les gens passionnés. Ils diffusent leur amour et c’est pour le moment la seule chose qui compte pour moi. Blogger pour diffuser de la passion et rien d’autre. Le reste viendra ou ne viendra pas mais je ne suis pas là pour me faire offrir des habits dont je ne sais plus déjà que faire… et encore moins être payée. Mon blog, c’est juste le journal de ma vie, de mes envies et de ma vision de la vie.

Je vous remercie de me suivre car vous avez, je pense, les même orientations que moi … être positifs et sentir plutôt que penser.

A très vite !

PS : J’ai choisi cette image et ce thème de John Lenon car il fut tué pour sa vision d’un monde meilleur, d’un monde en paix… Tout est dit !

 

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